L’ère des grandes compagnies maritimes mercantiles

« Le champ de bataille ne fait que révéler à l’homme sa folie et son désespoir,

et la victoire n’est que l’illusion des philosophes et des sots. »

William Faulkner

Le financement de l’armement naval, c’est la grande affaire de l’âge classique.

Or justement, fonder une banque, instituer un établissement d’octroi de crédit, c’est créer une entreprise de prise en charge des risques des entreprises, c’est armer un vaisseau pour aller chercher fortune en bravant les éléments.

C’était déjà vrai pour les empires méditerranéens gigantesques que les républiques maritimes de Gênes et de Venise s’étaient construits dans la rivalité à la fin du Moyen Âge ; et ça l’est encore pour les compagnies des Indes britanniques et néerlandaises, qui se lancent à l’assaut du globe à l’aube du XVIIe siècle.

Seulement, le phénomène change de dimension, le développement des infrastructures de marine étend la portée et le volume des lignes d’approvisionnement, et cela propulse la raison d’État dans le souci de la puissance industrielle.

De sorte que c’est à cette époque qu’apparaissent des problèmes de piraterie et de nouvelles nécessités de police urbaine par rapport à la surveillance des docks et des stocks.

Ainsi, alors même que les grands espaces ouvrent de nouveaux horizons en Occident, une nouvelle architecture de rationalisation des comportements étend son emprise sur les populations.